dimanche 25 janvier 2015

Un "QE Bazooka" pour Mario Draghi, le Président de la BCE peut-il tout se permettre ?

par Didier Testot.
Il faut le reconnaître parler QE, 1.000 milliards d'euros, "Quantitative Easing", "assouplissement quantitatif", dettes, rachats de dettes souveraines n'est pas à la portée du premier venu, on peut même ajouter sans provocation que peu de personnes peuvent analyser ce qui se passe, ce que vient d'annoncer la BCE en ce 22 janvier 2015, date historique s'il en est de cette institution. Mario Draghi a utilisé tous les moyens à sa disposition mais quelles en sont les conséquences, quelle traduction économique de ce type de décision ?

J'ai posé la question à Philippe Narassiguin économiste spécialiste des questions monétaires et qui dirige également le site d'informations Economiqs.

Il a bien voulu répondre à quelques questions essentielles :


1/ Et pour commencer comment une Banque centrale prête-t-elle de l'argent à des banques commerciales ?

Pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui, il est utile de comprendre un point essentiel. Lorsqu'une Banque centrale prête de l'argent à une banque commerciale (BNP-Paribas, Crédit Agricole, etc.) elle exige en contrepartie que des titres lui soient remis en garantie.

2/  Comment cela fonctionne exactement ?

Un exemple : supposons que le Crédit Agricole ( CA) souhaite emprunter 100 millions d'euros à la Banque Centrale Européenne (BCE). Le CA devra remettre à la BCE un montant de 100 millions d'euros de titres, par exemple des bons du Trésor français. Ces titres ne présentaient aucun risque jusqu'à la crise bancaire de 2007. Autrement dit, jusqu'à 2007, si le CA ne pouvait pas rembourser les 100 millions d'euros, la BCE disposait d'un montant de 100 millions de titres qu'elle pouvait revendre.
3/ Que s'est il passé depuis la crise de 2007 ?

Depuis la crise de 2007, la BCE n'a pas cessé de sortir de son cadre normal de refinancement des banques. Comme l'ont fait d'autres Banques centrales (Fed, Banque d'Angleterre,etc.). En d'autres termes, elle a procédé à des prêts massifs aux banques de la zone euro (pour des programmes de plus de 500 milliards d'euros) pour des durées de remboursement de plus en plus longues, allant désormais jusqu'à quatre ans. En outre, elle accepté des  titres en garantie moins fiables. Enfin, elle consent à prêter aux banques des montants illimités pour un taux d'intérêt de 0,05%. Autant dire de 0%. C'est ce que l'on appelle en anglais le "Quantitative Easing" ou en français "l'assouplissement quantitatif". Désormais elle veut aller plus loin et racheter les bons du Trésor des Etats. 

4/ Est-ce légal ?

Ce n'est pas légal dans la mesure où le traité de Maastricht a interdit le financement monétaire des Etats. Depuis 1992 ! A l'époque par exemple, la Banque de France pouvait faire des avances au Trésor Public et elles  étaient en outre contrôlées par le Parlement. Les avances étaient en somme un découvert "bancaire" autorisé visant à résoudre les décalages de temps entre les recettes de l'Etat ( les impôts) et ses dépenses (salaires des fonctionnaires, etc.). Et ces avances dont on a dit tant de mal quand il a fallu faire la monnaie unique ne portaient que sur quelques dizaines de milliards de francs (et non d'euros). Il est normal dans ces conditions que le Gouverneur de la Bundesbank tire la sonnette d'alarme quant au rachat des bons du Trésor par la BCE. D'autant plus que l'interdiction des avances a permis au Etats de s'endetter à leur guise, sans contrôle parlementaire. C'est un effet pervers découlant de cette interdiction.

5/ Mais si ce n'est pas légal, les citoyens peuvent-ils porter plainte ?

Je pense que la BCE va "emprunter" un chemin indirect. Elle va acheter les obligations des Etats de la zone euro (que l'on appelle aussi bons du Trésor ou titres de la dette souveraine) non pas directement aux Trésors Publics de ceux-ci, mais aux banques ou à d'autres détenteurs de bons du Trésor. Mais ce qui risque d'être dangereux, c'est que les bons du Trésor de la zone euro ne sont pas homogènes en termes de risque. Bien sûr, la BCE dira qu'elle n'achètera pas les bons du Trésor grec. Mais quelle garantie avons nous pour les autres bons du Trésor ? Sont-ils aussi fiables qu'on le dit ? Et si la BCE multipliait les programmes de rachat pour des sommes dépassant les 2000 milliards d'euros (soit le montant du PIB français), que se passerait-il si les Etats ne pouvaient plus rembourser leurs dettes ? En outre les taux d'intérêt sur les bons du Trésor varient d'un pays à l'autre contrairement aux bons du Trésor émis par l'Etat fédéral américain.

6/ Ce que fait la BCE est-il inefficace, vu que la relance économique n'est toujours pas là ?

Tous ces programmes sont voués à l'échec, car les taux d'intérêt de la BCE sont déjà de 0% et de moins de 1% depuis longtemps. Ils ne stimuleront pas la croissance économique. En outre, le lien entre le niveau des taux d'intérêt et la croissance n'a jamais été démontré. On peut d'ailleurs le constater dans certains pays émergents.
Mais ce qu'il y a de particulièrement regrettable, c'est que les banques achètent de l'argent à la BCE à 0% et font des prêts aux entreprises et aux ménages de plus de 4%. En outre, elles accordent de moins en moins de crédit de trésorerie aux entreprises (découverts autorisés, lignes d'escompte, etc). Enfin, elles peuvent facturer les dépassements de découverts à plus de 13% de taux d'intérêt. Pour un achat à 0%, la période de "crise financière" est en effet très faste pour les banques




mercredi 21 janvier 2015

Carlos Ghosn (Renault Nissan) : Mais où sont les femmes ?

par Didier Testot
L'information est toujours à suivre lorsque des leaders (dirigeants ou politiques) affirment des
volontés fortes, celle de Carlos Ghosn est claire : "il faut recruter et promouvoir des femmes de talents c'est la chose à faire pour notre société et c'est un un impératif économique".
C'est beau, c'est fort, et plusieurs études l'ont démontré plus de femmes aux postes de responsabilités amènent plus de croissance. (Le FMI y est pour).




Le réflexe devrait être d'aller vérifier à la source, mais nous sommes tous submergés par l'information et la communication, c'est pourtant ce que j'ai eu envie de faire, je me disais tout de même s'il dit cela il doit être sûr de son fait. 
Patatras.
Eh bien non il peut affirmer ce genre de choses, alors même que chez Renault sur un Conseil d'Administration de 19 personnes, trois femmes seulement y sont représentées, c'est très peu !




L'argument  en réponse sera sans doute de dire, le conseil d'administration n'est pas tout. Oui certes, mais quand on voit depuis combien de temps Carlos Ghosn le domine, malgré plusieurs échecs industriels et financiers, sans même parler de l'histoire rocambolesque de faux espionnage, on se dit que c'est bien là que cela se passe, donc des femmes de talents y ont aussi leur place.

Mais Carlos Ghosn a peut-être oeuvré au sein de l'Alliance Renault Nissan. 
Vérification rapide 
Pas de chance, les femmes sont toujours aussi peu représentées. C'est même pire !



Conclusion : Carlos Ghosn ferait mieux de faire progresser les femmes à son conseil d'administration et dans les directions exécutives, puisqu'il considère que c'est bon pour la société et pour l'économie. C'est forcément bon pour Renault et Nissan et vu les promesses souvent non tenues sur les résultats, qui sait une femme serait peut-être plus prudente mais pourrait elle tenir ses engagements.
Chiche !


vendredi 2 janvier 2015

Investir en Bourse en 2015 : perspectives

par Didier Testot
Comment investir en 2015 ?
C'est la question "marronnier" que se posent de nombreux investisseurs particuliers ou professionnels. Si depuis le début de la crise financière en 2007, les banques centrales ont été à la manoeuvre favorisant les actifs plus risqués comme les actions en abaissant leurs taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas, les investisseurs ont pu certes suivre cette stratégie mais avec quelques surprises comme l'excellente performance de la classe obligataire peu recommandée pourtant. En ce début 2015, les même questions se posent avec aussi la question du "timing" de la remontée des taux aux Etats-Unis. Il n'existe pas un scénario, car au delà de ce "pilotage" par les autorités monétaires FED et BCE, tant vanté par les investisseurs , la psychologie des investisseurs, elle, ne peut pas être théorisée, comme j'en discutais avec Rainer Voss ancien banquier témoin du film "Master Of The Universe", on ne peut pas "modéliser le prix de la peur".
Ce qui compte pour se faire une idée reste la diversité des commentaires, sans se concentrer sur les mêmes interlocuteurs.

Cela permet d'entendre que "certains investisseurs sont trop optimistes sur la zone euro" par exemple.
Mais aussi d'aller chercher les entreprises qui dans un contexte de faible croissance (notamment en zone euro), seront capables de délivrer de la croissance des résultats. Il faut toujours se méfier des consensus, les spécialistes de la Bourse le savent bien, et l'année 2014 n'a pas échappé à la règle : aviez-vous entendu une alerte sur le pétrole, qui a connu un vrai krach ? La Grèce qui s'invite à nouveau dans les sujets européens, là on peut dire que "malheureusement",  c'est du classique.
Tout le monde sait (au niveau des dirigeants européens) que la Grèce ne remboursera pas ses dettes.

Mais cela pourrait-il arriver à d'autres pays ? La France ? Quand j'interroge Rainer Voss à ce sujet, dans cet entretien exceptionnel, il me répond directement :  "Les pays ne font pas faillite parce qu'ils ne peuvent plus payer, mais parce qu'on pense qu'ils ne peuvent plus payer" (Interview Rainer Voss).

Retour donc sur cette année 2014 et les perspectives d'investissement pour 2015 avec les derniers invités de la Web Tv www.labourseetlavie.com :

Claudia Panseri Stratégiste SG Private Banking (photo www.labourseetlavie.com)

Céline Piquemal-Prade Gérante Comgest (photo www.labourseetlavie.com)

Bruno Fine Président Roche-Brune AM (photo www.labourseetlavie.com)

Alexandre Hezez Directeur la Gestion Auris GP (photo www.labourseetlavie.com)

Pierre-Luc Charron Responsable Obligations convertibles Amundi (photo www.labourseetlavie.com)

Alexandre Baradez Analyste Marchés IG France (photo www.labourseetlavie.com)

lundi 22 décembre 2014

(Podcast) Rainer Voss ancien banquier d'affaires : "Les mathématiques jouent un rôle trop important dans le monde de la finance aujourd'hui"





Rainer Voss ancien banquier d'affaires : "Les mathématiques jouent un rôle trop important dans le monde de la finance aujourd'hui"

par Didier Testot.


Rainer Voss est le banquier d'affaires qui parle dans "Master of Universe", film qui raconte à travers son témoignage les dessous de la finance de marchés, la fameuse banque d'investissement qui s'est rendue célèbre aux cours des dernières années par de nombreux scandales. J’ai eu la chance de le rencontrer lors de son passage à Paris et il m’a accordé cette interview vidéo. Son métier, les failles de ce système financier, de son mode de fonctionnement. J'ai voulu comprendre avec lui pourquoi et comment ce système avait connu des dérives. Une plongée au cœur de la Finance.



Extraits de l’interview : 

Didier Testot (labourseetlavie.com) : À propos des formules mathématiques notamment lors des crédits aux municipalités on vous voit en dessiner sur une fenêtre dans le film « Master of The Universe »  

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : «Les mathématiques jouent un rôle trop important dans le monde de la finance aujourd'hui, car elles nient complètement les émotions, les défaillances humaines, etc. Et d'ailleurs, les mathématiques ne sont pas fiables. J'ai lu quelque part qu'après la faillite de Lehman Brothers, une banque a été bouleversée par 7 évènements qui étaient à 25 écarts-types des prévisions. Autrement dit, cela ne peut se produire que tous les 10 puissance 140 ans. C'est aussi probable que de subir 30 Fukushima en un après-midi. Pourtant, c'est arrivé.Cela signifie que les modèles ne sont pas fiables. La valeur d'un actif est définie par ce que les gens sont prêts à payer. Pas par un modèle. »

Où l’on  parle de la prochaine crise financière :

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : « Les cygnes noirs viendront d'ailleurs. Par exemple, les cybertechnologies, Ebola, ISIS... Certaines banques ont leur système informatique aux Philippines. Une démocratie stable, à l'abri des conflits religieux. C'était ironique...Donc, si le pays devait faire face à un soulèvement islamiste, ils pourraient plonger New York et Francfort dans le noir, car leur système informatique est aux Philippines »

Trading Haute Fréquence, produits dérivés :


Rainer Voss ancien banquier d’affaires : «Le problème ne vient pas seulement du trading haute fréquence. Selon moi, il existe certains produits bancaires dont l'interdiction passerait inaperçue. Le trading haute fréquence en fait partie. Il faudrait prendre chacun de ces produits et évaluer leur rapport risque/rendement, pas d'un point de vue financier, mais d'un point de vue social. Les résultats mettront en évidence des dérivées d'ordre 1, 2, 3 ou 4 ou le trading haute fréquence. C'est comme pour des armes de destruction massive ou une centrale nucléaire, le rapport risque/rendement pour la société est déséquilibré. Il faut donc les supprimer»


Didier Testot (labourseetlavie.com) : Vous expliquez, à travers l'exemple des obligations grecques, comment des fonds d'investissement peuvent détruire un pays.

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : «Nous avons tous une assurance-vie, une pension de retraite, etc. Et les fonds de pension ont des obligations grecques. Qu'attendons-nous d'eux ? Vous comme moi ? Qu'ils protègent notre argent.Pour cela, ils vont sûrement vendre des obligations grecques, faisant ainsi augmenter les taux d'intérêt en Grèce. Comment leur en vouloir ? Ils ne font que leur travail.(…) Dans le cas de la Grèce, et cela m'inquiète beaucoup, on dit aux Grecs pour qui voter. (…)Alors, le citoyen perd sa souveraineté à cause des marchés et cela me fait peur. Je ne veux pas de ça. »

Didier Testot (labourseetlavie.com) : Et la France, alors ? Dans le film, vous vous demandez qui sera le prochain et vous dites que ce sera la France. Nous voulons savoir pourquoi.

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : « Je ne suis pas économiste. J'ai dit ça aux alentours de février 2013, il me semble. Apparemment, je me suis trompé. Nous tenons le coup ! Le redirais-je aujourd'hui ? Je le pense. Il ne s'agit pas de faits. Je ne remets pas en cause la structure de votre économie. Les pays ne font pas faillite parce qu'ils ne peuvent plus payer, mais parce qu'on pense qu'ils ne peuvent plus payer. C'est différent. Il est question de psychologie, pas de faits. On peut contrôler des faits, qui sont peut-être exacts, d'ailleurs. Mais la rumeur circule. Et alors, les fonds de pension vendent des obligations françaises. L'écart avec l'Allemagne passe alors de 0,4 à 0,6, puis 0,8, 1,5...On commence à s'inquiéter : "Que se passe-t-il en France ? On s'en fiche, vendons tout. Soyons prudent." Puis l'écart passe de 1,5 à 2, 3,créant ainsi une dynamique très défavorable à votre pays, même si les faits sont les mêmes
que 2 jours auparavant. »

Didier Testot (labourseetlavie.com) : Vous dites, dans le film, que personne n'est capable de comprendre le bilan de la Deutsche Bank. Pas même d'autres banques ? Personne ?

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : « Pas une personne seule.Il est trop volumineux. Bien entendu, un auditeur rédige le bilan et l'équipe d'audit est capable de le comprendre. Mais, au final, c'est extrêmement compliqué. Difficile, en tant que manager, de ne pas comprendre les rouages de l'entité que vous dirigez. Vous tirez là et vous ne savez pas ce qui se passera ici.
Que faire, dans ce cas ? Opérer par tâtonnements. Dans ces conditions, je ne peux pas faire confiance au système. »



Didier Testot (labourseetlavie.com) : Tout être humain a besoin d'espoir pour vivre. Nous le savons tous les deux. Pouvez-vous nous redonner de l'espoir ? Le film est très sombre. Vous y décrivez l'univers de la finance, et dressez le portrait d'un homme très froid. C'est très apocalyptique.

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : « Aux deux. Je pense qu'en effet...Les banques doivent réinventer leur façon de faire des affaires. Inventer la banque 4.0. J'ai des enfants. Je vais peut-être paraître cynique, mais ce que je vais dire est vrai. Une banque est organisée
autour de deux piliers : le manque de transparence et l'asymétrie d'information. Mes enfants m'ont donné les mêmes réponses. Comment une banque et mes enfants vont-ils bien pouvoir collaborer ? Il faut trouver de nouvelles idées, comme le financement participatif.
Je suis sûr que nous utiliserons beaucoup les bitcoins, les monnaies alternatives, que se développeront de nouvelles formes de financement privé, de financement d'amorçage pour les créateurs d'entreprises, etc. Google dispose d'une licence bancaire en Europe. Ils proposeront d'abord d'effectuer des transactions. Les banques diront : "Laissons-les
faire, ça nous coûte de l'argent." Et 2 ans plus tard, Google proposera d'ouvrir un compte bancaire. Et les banques diront :"Nous n'avions pas prévu le coup". Il y a donc une évolution, accompagnée d'innovation. Et je crois, j'espère, vous qui vouliez de l'espoir, j'espère que ce processus remplacera tout ce qu'il y a de mauvais dans l'ancien système
et qui l'empêche d'avancer. »


Didier Testot (labourseetlavie.com) : Lorsque vous entendez les banquiers français ou européens dire que la réglementation est excessive, qu'il est impossible de financer les entreprises, qu'il y a trop de réglementation depuis Bâle III ?

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : « Je ne crois pas. Il y a trop peu de régulation, selon moi. Si elle est bien ciblée ou non, c'est une autre question. Je pense qu'il faut mettre le pied à l'étrier et dire aux politiciens : "Nous ne nous laissons plus faire", pour qu'ils soient obligés d'agir. Je ne sais pas si c'est la bonne méthode, mais il faut agir. Je suis du même avis que les professeurs Hellwig et Admati,auteurs de "The Bankers' New Clothes" : je crois que l'actif des banques devrait être de 20% de l'actif, pas de 2,5% ou 5%.Il faut également modifier les ratios de levier. Il est inacceptable d'avoir des ratios de levier de 30 ou 35 %. C'est totalement inacceptable. Il y a d'autres régulations...Les régulations ont fait disparaître les liquidités des marchés les banques ne créant plus de marchés car cela leur coûtait trop cher en fonds propres. Était-ce une bonne idée ? Je ne sais pas. Mais il faut faire bouger les choses et...quand on veut assécher un marais, on ne demande pas leur avis aux grenouilles. »

Didier Testot (labourseetlavie.com) : On observe une montée des extrêmes en France et dans certains pays d'Europe. Pensez-vous que la situation actuelle, cette longue crise, ce système, soient en partie responsables de ce que les gens pensent aujourd'hui ?

Rainer Voss ancien banquier d’affaires : « Très clairement, oui. Cela m'inquiète également. Je ne redoute pas une nouvelle crise financière car rien ne change : les riches s'enrichissent,
les pauvres s'appauvrissent, et, 2 ans plus tard, retour à la case départ, on recommence tout à zéro. Je suis inquiet des conséquences sociales de cette situation, politiques également, et de la façon dont notre société s'en trouve remodelée»




samedi 6 décembre 2014

lundi 1 décembre 2014

Web Tv www.labourseetlavie.com et le "Content is King”

par Didier Testot.

Comme vous le savez, la Web Tv www.labourseetlavie.com ne fait rien comme tout le monde, je veux dire pas comme les autres medias du secteur. C'est le constat des dernières semaines. Tel ce dirigeant d'une jeune entreprise qui m'explique lors d'un salon destiné aux actionnaires, que la vidéo réalisée ensemble il y a un an ("avec les bonnes questions, le bon angle...", dit le fondateur de l'entreprise) lui a été utile dans ses rencontres professionnelles. 
C'est aussi une Biotech qui se met en avant et c'est plus de vues que sur le site leader du secteur, c'est avec Onxeo
Nanobiotix a déjà suivi à quelques jours près. Les exemples sont nombreux au cours des dernières semaines de vidéos qui se distinguent pour les investisseurs et/ou les actionnaires.

C'est une conviction dès l'origine du media Web Tv, produire du contenu différent à valeur ajoutée. Et mes conversations avec de jeunes entreprises, pas encore sous le s projecteurs des medias, vient confirmer que c'est aussi l'avenir de ce media : "Content is King", oui le contenu d'abord. C'est ce que disent de nombreux acteurs déjà en avance sur le Web. C'est une confirmation ici aussi qu'il faut savoir produire du contenu, et ne pas simplement faire du copié-collé de l'existant en l'habillant différemment ! 

Dans l'actualité des publications des dernières semaines : LECTRA (Logiciels CFAO), Réalités dans la promotion immobilière, Methanor dans le financement d'unités de méthanisation, LeadMedia qui est venu s'expliquer après la scission qui n'a pas eu lieu, LDLC.com, dont la stratégie Web, se déclinera de plus en plus en boutiques, LDC, c'est Loué et Le Gaulois ou Marie, des marques d'audience nationale dans l'agroalimentaire, Generix dont la transformation vers le mode SaaS porte ses fruits. Une société en "recovery", après deux augmentations de capital en moins d'un an, c'est Cybergun spécialiste du tir de loisirs
Retrouvez l'ensemble de ces vidéos sur ce lien : RESULTATS

Au Clean Green Event, les rencontres avec les dirigeants d'entreprises innovantes dans le secteur de l'énergie, des transports, du co-voiturage ....: CUBIK-HOME avec un béton innovant, Emotion System qui présente notamment des systèmes de parkings verticaux, Téléppilotage de batiment avec Actiwatt ou financement avec Kyotherm et Co-voiturage avec Wedrive : CLEAN GREEN EVENT

Pour la Bourse ou l'économie, un seul mot d'ordre la diversité : Union Bancaire Privée, Cholet Dupont, Mansartis, Dorval Finance, 360 Hixance AM, suivrons SSGA France, Pastel et Associés, Swiss Life Gestion Privée, Invesco AM, Matignon Finance :  Bourse



jeudi 13 novembre 2014

Forex, CFD : l'épargnant en danger démontre l'AMF

par Didier Testot

Lorsque j'étais "seulement" journaliste au service Bourse, on me demandait souvent des conseils, j'expliquais que c'était un métier, que j'étais un observateur, pas un conseiller. Cette fois je me permet de vous donner ce conseil, surtout si vous êtes un épargnant à la recherche de placements rémunérateurs.
Car c'est à ce moment-là que vous risquez de faire l'erreur fatale de confier vos économies à des inconnus, sous couvert de sites internet magnifiques, de publicités commerciales accrocheuse, de profils avenants (vous n'imaginez pas le nombre de spécialistes du Forex, avec une chevelure blonde et une poitrine généreuse), ou vous promettant de gagner facilement de l'argent, la crise amène toujours les spécialistes de la spoliation de l'épargne à être inventifs et la faiblesse de rendements peut conduire à céder à la tentation.


(Photo d'un site de Forex russe trouvé sur Google)

Je n'ai pour une fois donc qu'un seul conseil, lisez cette étude exhaustive de l'AMF (l'autorité des marchés financiers), consacrée aux marchés des changes, le Forex, dont vous avez peut-être lu, comme si cela ne suffisait pas, que récemment des banques avaient été condamnées pour manipulations (http://www.bbc.com/news/business-30016007)

Alertée par le nombre croissant de réclamations des épargnants, l’AMF s'est penché sur ce marché libre, sans régulation, et qui attire les escrocs de tous poils. Vous avez tout à perdre à ne pas lire cette étude et à succomber au charme du Forex.





L’AMF y révèle que 9 clients particuliers sur 10 sont perdants !

L’AMF a interrogé dans cette étude des acteurs agréés constituant une part très significative du marché du trading des CFD (contract for difference) et du Forex en France.

L'AMF indique à cette occasion que "Sur quatre ans, le pourcentage de clients perdants tous prestataires confondus est proche de 89 % ; - La perte moyenne par client est de près de 10 900 euros entre 2009 et 2012 ; - Sur ces 4 années, 13 224 clients ont perdu au total près de 175 millions d’euros, tandis que les 1 575 clients restants ont gagné au total 13,8 millions d’euros.
Au-delà de cette grande majorité de clients perdants et des pertes subies, l’étude met en lumière un phénomène comportemental : le peu d’apprentissage dans le temps des investisseurs particuliers. En effet, il s’avère que les traders les plus actifs et réguliers voient leurs pertes se creuser dans le temps."

Bref, en 25 ans de métier, cette fois je vous donne un conseil, lisez cette étude, et ne tombez pas dans le panneau !

LIEN ETUDE AMF